Je reçois à mon cabinet le tout-venant, ou presque : c’est-à-dire, toute personne habitée par un désir de changement intérieur et qui a besoin de se voir accompagnée dans cette démarche. Quiconque montre une réelle envie d’avancer dans cette direction est le bienvenu dans mon cabinet.
Ceci, sans distinction d’âge : je reçois donc des mères m’amenant leur enfant de 3 ans, ou des retraités qui n’ont pas mis leurs désirs à la retraite. Je tente de brosser ici un bref tableau de ma façon de travailler en fonction de l’âge ou de la demande : psychothérapies d’enfants, d’adolescents, d’adultes, thérapies de couples.
Psychothérapies d’enfants
Beaucoup de parents m’amènent leur enfant pour des problèmes de troubles du comportement : ils me le décrivent comme un véritable tyran domestique, prêt à faire des crises de colère à la moindre frustration. D’autres, parce qu’ils ont remarqué que leur enfant a tendance à se replier sur lui-même, ou semble triste… Bien d’autres cas de figure peuvent exister, mais une constante est toujours présente : le ou les parents se sentent profondément démunis, ne sachant plus que faire pour aider leur enfant qu’ils sentent en détresse.
Considérant que les parents ont un rôle essentiel à jouer dans le bien-être de leur enfant, je les reçois systématiquement avec l’enfant au cours du premier entretien. L’idéal serait, dans la mesure du possible, que les deux parents puissent être présents lors de cette première rencontre. Ensuite, nous voyons. Selon la façon dont je sens les choses, et selon aussi l’âge de l’enfant, il m’arrive de proposer différents dispositifs : ou bien je propose de voir seul l’enfant dès la deuxième séance, ou bien je propose une thérapie conjointe parent-enfant. Il me semble important de débattre à ce propos avec l’enfant tout autant qu’avec les parents, en ayant à l’esprit qu’une certaine souplesse est de mise : ces positions ne sont pas figées et pourront évoluer avec le temps.
Le suivi individuel de l’enfant fait que l’espace de mon bureau devient en premier lieu l’espace de l’enfant. J’invite alors les parents à venir y échanger à intervalles réguliers, mais toujours en sa présence et avec son accord. Les séances individuelles donnent la part belle au jeu et au dessin, toujours entourés de parole, pour permettre à l’enfant de se familiariser avec ses conflits intérieurs et tenter de les apprivoiser. Il y est considéré en tant que sujet à part entière, capable de ce fait de mener des réflexions sur sa propre vie et de prendre des décisions qui le concernent.
La thérapie conjointe parent-enfant permet de travailler directement le lien. Les jeux, dessins et agissements de l’enfant peuvent devenir une véritable opportunité de mise en perspective par la parole pour le parent, entrant en résonance avec des problématiques familiales plus larges ou avec les siennes propres. Le va-et-vient entre les agirs et dires de l’enfant et du parent amène parfois à un travail très fécond pour l’un comme pour l’autre.
Psychothérapies d’adolescents
L’adolescence est connue comme étant la grande période à problèmes : jeunes qui broient du noir, qui se scarifient, se déscolarisent, fument du cannabis, etc. Cependant, les suivis avec des adolescents qui veulent travailler sur eux-mêmes sont très intéressants, car ils se trouvent au cœur d’une étape essentielle de leur subjectivation.
C’est justement là tout ce qui fait la difficulté pour les parents, qui peuvent parfois avoir le sentiment de ne plus reconnaître leur enfant, ou plus simplement, de perdre le contact avec lui. Cette distance qui s’installe, si nécessaire à la construction de la personnalité, peut cependant entraîner un flou difficile à vivre quant aux repères que les uns et les autres avaient su prendre dans la relation. Pousser la porte de mon cabinet permet de trouver une référence extérieure afin de replacer le lien au sein de ces changements.
Psychothérapies d’adultes
Les adultes viennent me voir en thérapie individuelle pour des questionnements des plus variés. Pour en citer quelques uns : anxiété, dépression, idées obsédantes, crises d’angoisse régulières, difficultés relationnelles, choix importants à effectuer, épuisement professionnel… Quels que soient les symptômes, un sentiment de malaise s’en dégage. Quels que soient les symptômes, je tente, avec le patient, d’aller chercher en profondeur la cause du mal-être.
Je travaille en face-à-face, avec pour outil essentiel la parole. A travers cette parole, une relation s’établit entre le patient et moi ; c’est sur la base de cette relation que nous allons chercher, ensemble, ce qui peut faire sens au sein de ses symptômes. La narration des situations du quotidien, des souvenirs d’enfance, des rêves, sont autant d’éléments qui permettent de mettre au travail les difficultés rencontrées dans la vie. L’idée est de pouvoir créer du lien entre ce qui se passe aujourd’hui pour le patient et son histoire.
Parfois une ou deux séances suffisent à recréer cette connexion avec soi-même ; souvent c’est plus long ; pour la plupart des gens cela demande plusieurs mois. En fait, tout dépend du travail que souhaite effectuer le patient. Il est en effet fréquent que les symptômes s’améliorent lorsque le patient apprend à exprimer ses ressentis à un entourage vécu comme envahissant. Trouver sa place auprès de l’autre, voire avec l’autre, devient alors plus aisé. Un autre travail peut alors s’engager si le patient en éprouve le besoin, pour aller plus loin en soi, plus en profondeur. C’est là que le parcours s’allonge, mais le jeu peut vraiment en valoir la chandelle.
Thérapies conjugales
Je reçois enfin les couples en crise, ceux dans lesquels Madame comme Monsieur sont amenés à dire : « Nous avons un réel problème de communication. » Apprendre à se dire à nouveau les choses, ré-apprendre à écouter l’autre, est à mon sens l’essentiel du travail qui peut se faire en couple. C’est en tout cas un préalable essentiel à la reviviscence de sentiments oubliés ou perdus dans des souvenirs lointains, du temps où les soucis de la vie, le quotidien et les habitudes bien ancrées n’étaient pas encore venus poser leur ombre sur la relation.
Le couple a changé, les deux individus qui le forment ont changé également. Accepter cette transformation pour mieux s’accepter soi et accepter l’autre : c’est tout un travail de reconsidération de la relation qui s’avère nécessaire.
